La Roque d'Antheron 2013

Festival International de Piano de La Roque d'Anthéron: Carnaval
Lunedì 5 agosto 2013 alle ore 21:00 presso il Musée Granet di Aix-en-Provence, Maurizio Baglini, in collaborazione con Giuseppe Andrea L'Abbate, presenta “Autour du Carnaval de Schumann”; concerto della serie "Le Musée imaginaire des musiciens". Il progetto "Carnaval" debutta su un prestigioso palcoscenico internazionale.

Festival International de Piano de La Roque d'Anthéron: Carnaval
Monday 5th August 2013, 21:00 pm at the Musée Granet, Aix-en-Provence, France, the international, prestigious, debut of the "Carnaval" project: Maurizio Baglini (piano) and Giuseppe Andrea L'Abbate (multimedia).

>> galleria foto /photo gallery

>> la Marseillase (press)

>>La Roque d'Antheron

Carnaval Roque 2013

Rencontre du troisième type dans la cour du musée Granet

La marseillaise, mercredi 7 août 2013

C’est une facette méconnue du pourtant célèbre Robert Schumann qu’a proposée lundi le pianiste italien Maurizio Baglini dans le cadre du «musée imaginaire des musiciens» proposé tout au long du festival international de piano de la Roque d’Anthéron. Où l’on découvre un homme «avant-gardiste», «premier vrai critique musical de l’histoire», «politologue» et «philosophe».

Un homme capable aussi de se dédoubler en Eusebius, rêveur introverti, et Florestan, passionné et combatif au sein de son club baptisé «les compagnons de David». Un homme génial, capable de composer toute une oeuvre autour d’un motif de quatre notes, la bémol-do-si mi bémol ou de coller un passage de La Marseillaise dans un mouvement par pure provoc’. Obsédés par les formes musicales, le compositeur n’avait de cesse de les déstructurer, de les malmener, de casser tous les codes pour mieux créer. Passionné, Maurizio Baglini a planché sur une oeuvre en particulier, le «carnaval opus 9». Pas moins de 21 petits tableaux bâtis comme une autobiographie mêlée d’une «véritable satire sociologique» analyse le pianiste. «C’est une description de toute la société de l’époque, avec un Schumann curieux qui évoque la nécessité de compléter la musique par l’art de la poésie ou de la peinture» explique ce dernier. Sur la même longueur d’onde, le musicien a voulu apporter une nouvelle forme d’art, le multimedia, avec un film d’animation concocté par Giuseppe Andrea L’Abbate, spécialiste de la technique. «Deux siècles séparent les deux créations, mais je voulais vraiment quelque chose de lié à ma propre interprétation» précise-t-il.

Quand la 3D et le 19e siècle s’entremêlent

Après un petit détour par deux autres composition de Schumann les «papillons opus 2» et le carnaval de Vienne, qui permettront de mieux appréhender la deuxième partie, on pénètre dans l’imaginaire prolixe des deux artistes.

Un monde peuplé de squelettes en 3D, de statues du David de Michel-Ange démantibulées, de labyrinthes sans issue, de jeux de flipper géant, de mannequins girondes qui appâtent le téléspectateur avant qu’il ne finisse empalé sur une antenne TV. TV où l’on devine bien sûr la trogne d’Il Cavaliere. Outre l’actualité, les références sont aussi picturales avec une dernière image sur «les poissons rouges» de Matisse qui finissent noyés sous les confettis.

Généreux, Maurizio Baglini offrira un final en trois bis. Une étude «Manchega» de Louis Moreau Gottschalk, le «Chopin de la Nouvelle Orléans», une mazurka de Chopin et une petite sonate de Scarlatti pour «la bonne nuit». L’occasion d’apprécier une dernière fois son toucher tout en finesse et précision.

Mireille Roubaud